Les membres de l'ACCR font la promotion de la conservation du patrimoine
Plaidoyer pour le patrimoine en 2006
Les membres de l'ACCR jouent un rôle dans la défense du patrimoine;
récemment des membres de l'ACCR ont fait entendre leur voix
en réponse à des discussions portant sur les besoins dans
le milieu du patrimoine.
- Des restaurateurs du Québec ont participé à des discussions
concernant des églises et le patrimoine religieux. Ils
ont aussi présenté une communication orale à la Commission
de la culture du gouvernement du Québec. La transcription
de la communication ainsi que celle de la période de questions
d'une durée de trente minutes qui a suivie peuvent être
lues à http://www.assnat.qc.ca/fra/37legislature1/DEBATS/journal/cc/060124.htm
- Des restaurateurs de la Nouvelle-Écosse ont soumis des
idées au groupe de travail chargé de la stratégie du patrimoine
de la Nouvelle-Écosse.
Les membres de l'ACCR oeuvrent à faire la promotion du patrimoine
depuis longtemps:
En 1999, Alain Lacoursière a fait une
présentation portant sur la fraude des oeuvres d'art au
Canada lors du congrès de l'ACCR à Winnipeg.
En 2006, au cours du congrès annuel
de l'ACCR, deux communications ont eu pour sujet les problèmes
liés au trafic international des biens culturels. Les
résumés de ces communications présentées par Janet K.
Hawley et Sharon Little sont inclus dans cette page.
Le trafic international du patrimoine culturel
Janet K. Hawley
Le trafic international de biens culturels est une entreprise énorme. Chaque année, c'est l'équivalent de milliards de dollars en objets volés, en trouvailles archéologiques exportées illégalement, en objets ethnographiques et en oeuvres sacrées qui vient grossir les collections privées et publiques du monde entier. Malheureusement, des objets de source douteuse se rendent parfois jusque dans les musées de l'Amérique du Nord et de l'Europe.
Le trafic illicite des biens culturels a des conséquences désastreuses sur les pays " d'origine " parce qu'il les dépossède de leur patrimoine matériel et de leur identité culturelle. De surcroît, c'est l'humanité toute entière qui est frustrée de connaissances. Hors de leur contexte, les objets culturels perdent leur pouvoir de nous aider à comprendre et à apprécier le passé collectif de l'humanité et la diversité des cultures vivantes. Ce sont les pays du bassin de la Méditerranée, riches en sites archéologiques, qui ont été les plus grièvement exploités. Les objets intacts provenant de sépultures romaines, grecques, étrusques et égyptiennes ont toujours été très recherchés, mais en raison de la forte demande, même les objets très abîmés ou qui ont fait l'objet d'une restauration approfondie peuvent rapporter des prix exorbitants. Depuis quelques années, les pays ravagés par la guerre ou ceux qui sont très pauvres, incapables de protéger leur patrimoine culturel, sont devenus une proie facile pour les pilleurs; l'Afghanistan, l'Iraq, le Mali, le Nigeria, le Cambodge et l'Indonésie, ainsi que plusieurs pays d'Amérique latine, sont systématiquement écumés. Et, ironie du sort, les pays receveurs qui profitent de ce commerce illicite sont de plus en plus souvent la cible de voleurs.
Souvent, ce sont des gens de la place qui volent les objets pour les revendre à des " passeurs " qui s'occupent de les acheminer à des marchands dans des villes comme New York, Londres, Paris, Amsterdam, Genève, Toronto et Tokyo. Les objets peuvent passer entre les mains de plusieurs revendeurs pour brouiller leur origine clandestine et leur forger une " provenance " respectable. En fin de compte, les marchands vendent les objets à des collectionneurs privés et à des établissements publics en échange de commissions très élevés.
En dépit d'accords internationaux visant à protéger le patrimoine culturel (p.ex. conventions de la Haye, de l'UNESCO et d'UNIDROIT), d'accords bilatéraux intervenus entre divers pays, des lois de chaque pays et des codes de déontologie en vigueur (p. ex. Code de déontologie de l'ICOM, Code international de déontologie pour les négociants en biens culturels), le trafic de biens culturels s'intensifie à un rythme alarmant. Il est aujourd'hui une importante source de revenus pour les criminels, après le trafic de drogue et le trafic d'armes. Le commerce illicite d'objets culturels continuera tant qu'il y aura des preneurs et que les profits justifieront le risque. Il peut être endigué, mais le besoin de sensibilisation accrue, de mesures plus efficaces et d'une collaboration plus étroite entre les échelons locaux, nationaux et internationaux est des plus pressants.
Les restaurateurs et scientifiques en conservation oeuvrant dans le secteur privé ou au sein d'établissements publics possèdent des compétences, des connaissances et une expérience qui devraient être employées de façon plus judicieuse dans la lutte contre le trafic de biens culturels. Cette présentation a pour but de sensibiliser les membres de l'ACCR et d'encourager les spécialistes en restauration et en conservation à en faire davantage pour protéger le passé matériel des ravages causés par le commerce illicite.
Engagement des politiciens et des bureaucrates : création de lois pour le patrimoine culturel
Sharon Little
Les lois édictées au Canada, fournissent dans la vie quotidienne une base de référence au bon fonctionnement de la population en général. Sans de telles lois il y aurait un chaos général. Alors, en respectant le même type de raisonnement, la sauvegarde de notre patrimoine culturel au quotidien impliquerait aussi une législation adéquate. Si on pousse plus loin, la création dans une loi d'un statut pour la profession du restaurateur offrira une protection au grand public en ce qui concerne la conservation/restauration de leur patrimoine culturel.
Notre travail de conservateur/restaurateur professionnel fait de nous les témoins privilégiés des problématiques journalières reliées à la conservation de notre patrimoine culturel, et ce à un niveau micro et macroscopique. Il devient donc de notre devoir professionnel d'attirer l'attention des individus impliqués à un niveau ou à un autre dans la conservation et la restauration, des lacunes qui existent en droit dans ce domaine. De cette façon, le cadre juridique peut être adapté de façon ponctuelle et mieux refléter les besoins courants. Vue d'une perspective de gestion des risques, ceci pourrait maximiser l'efficacité de nos interventions professionnelles en réduire les coûts inutiles.
Donc il est proposé que :
- Les questions juridiques en conservation soient incluses dans le contenu de tous les programmes de conservation/restauration.
- Les principes de base concernant l'écriture des mémoires et techniques de lobbying soient inclus dans le contenu de tous les programmes de conservation/restauration.
- APCR fasse du lobbying avec les autres groupes professionnels tels que, l'AMC, ICOM-CANADA et les associations provinciales et territoriales, pour la création de lois adéquates concernant le patrimoine culturel canadien qui incluraient aussi le statut juridique du conservateur/restaurateur.
Créer de nouvelles lois coûte très cher et leur mise en oeuvre est un défi. C'est pour cela que des ministres élus préfèrent dépenser leurs budgets ministériels sur des projets spectaculaires et instantanés. Il est maintenant le temps pour nous de convaincre les politiciens et les bureaucrates qu'un investissement dans les lois concernant le patrimoine culturel engendrera beaucoup de retombées positives à long terme. Puisque les lois sont créées dans l'arène politique, nous devons devenir plus habiles à jouer le jeu politique, ce qui a pour conséquence par ailleurs d'assurer l'intégrité de la conscience professionnelle.
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