J.ACCR VOLUME 45 (2020)

Materials and Techniques of Louis Dulongpré: Selected Oil Portraits from 1800 to 1826

Kate Helwig, Debra Daly Hartin, Jennifer Poulin, Stephanie Barnes, Carl Bigras

Les résultats d’une étude technique de douze huiles sur toile de Louis Dulongpré sont présentés. Chaque oeuvre a reçu un examen visuel détaillé ainsi qu’une prise de photos techniques et de radiographie. La composition et la stratigraphie des couches de préparation et des couches picturales ont été déterminées en analysant des échantillons microscopiques. L’analyse a été entreprise avec une approche multianalytique. Les méthodes principales utilisées sont la microscopie électronique à balayage couplée à la spectrométrie des rayons X (MEB/SRX), la spectroscopie infrarouge à transformée de Fourier (IRTF), la spectroscopie Raman et la microscopie en lumière polarisée (MLP). Dans certains cas, la diffraction des rayons X (DRX), la chromatographie gazeuse couplée à la spectrométrie de masse (CG-SM) et/ou la pyrolyse suivie de la chromatographie gazeuse couplée à la spectrométrie de masse (Py-CG-SM) ont été également utilisées. Le tableau le plus ancien faisant partie du projet est un portrait d’Isaac Todd, datant de 1800, tandis que les plus récentes sont des portraits de Joseph Papineau, Jean Dessaulles et Antoine Girouard, datant d’environ 1825–1826. Des tendances générales des matériaux et techniques sont discutées, ainsi que quelques changements notables dans les matériaux utilisés au cours de la période étudiée. Des relations entre certains tableaux étudiés ont été établies en combinant l’information des examens visuels avec les résultats des analyses scientifiques.

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J.ACCR VOLUME 45 (2020)

Disinfection of Photographic Materials with Ethanol Vapours: Preliminary Evaluation of the Effects on Chromogenic Prints

Chloé Lucas, Greg Hill, Nancy E. Binnie

La biodégradation des collections photographiques par les moisissures est un problème récurrent. En 2017, Lucas et al. ont démontré que l’exposition de photographies à des vapeurs d’éthanol-eau (70:30 v/v) pendant deux heures tue cinq des espèces fongiques les plus répandues dans les collections photographiques. Le but de ce projet était d’évaluer les éventuels effets secondaires de ce traitement sur les tirages à développement chromogène. Soixante photographies historiques non moisies, réparties par décennie des années 1940 aux années 2000, ont été exposées aux vapeurs d’éthanol-eau dans de petites chambres de solvants. Les effets du traitement ont été évalués au moyen de mesures spectrophotométriques et d’observations visuelles de la couleur, de la brillance de surface et de la planéité. Les mesures ont indiqué un changement de couleur sur la majorité des échantillons traités. L’ampleur du changement de couleur variait en fonction de la date de production de l’échantillon. Les échantillons des années 1980 et 2000 présentaient le pourcentage d’altération après traitement le plus élevé (89 %), avec un changement de couleur significatif et, dans la plupart des cas, des changements de couleur visibles à l’oeil nu (67 %). Les échantillons des décennies précédentes ont été moins affectés par le traitement, tant en ce qui concerne le pourcentage d’échantillons affectés que l’ampleur du changement de couleur.

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J.ACCR VOLUME 45 (2020)

A Survey of the Use of Cambridge White by Canadian Artists

Marie-Claude Corbeil, Eric J. Henderson, Susan Walker

Des recherches précédentes de l’Institut canadien de conservation (ICC) ont démontré que Tom Thomson et les artistes du Groupe des Sept ont abondamment fait usage d’un pigment blanc constitué de sulfate de plomb (PbSO4) et de blanc de zinc (ZnO) combinés dans des proportions spécifiques : New Flake White de Cambridge Colours, ou blanc de Cambridge. L’obtention de preuves quant à l’utilisation du blanc de Cambridge par l’artiste canadienne Kathleen Munn et des recherches dans les archives ont soulevé des questions concernant son emploi par d’autres peintres canadiens. Par conséquent, un sondage sur l’utilisation du pigment a été entrepris sur place au Musée des beaux-arts du Canada (MBAC), lequel ciblait des tableaux exécutés pendant la période allant de 1894, quand Madderton & Co. a commencé à produire la peinture, à 1943, quand la compagnie a été dissoute. Les tableaux sondés ont été analysés à l’aide de deux techniques d’analyse non destructives, la spectrométrie de fluorescence des rayons X avec un appareil à main et la spectroscopie infrarouge à transformée de Fourier avec un appareil portable. Cet article présente les résultats du sondage ainsi que la compilation des résultats obtenus pour d’autres tableaux canadiens datant de la période concernée analysés auparavant à l’ICC. Sur la base des résultats obtenus pour 88 tableaux de Tom Thomson et du Groupe des Sept et de 128 tableaux d’autres artistes canadiens, il est clair que Tom Thomson et le Groupe des Sept demeurent les principaux utilisateurs du blanc de Cambridge identifiés à ce jour. Bien qu’un nombre relativement restreint d’autres artistes canadiens aient été sondés dans cette étude, les résultats indiquent que le blanc de Cambridge était surtout utilisé dans la région de Toronto, où le pigment était vendu, et que les artistes qui l’employaient étaient proches du Groupe des Sept.

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J.ACCR VOLUME 44 (2019)

A Comparison of Birch Bark Colour Change Due to Methanol or Ethanol Vapour Exposures

Carole Dignard, Season Tse, Sonia Kata, Megan Narvey, Jennifer Poulin

Cette recherche évalue le risque de changement de couleur de l’écorce de bouleau au cours de traitements de remise en forme à l’aide de vapeurs d’éthanol ou de méthanol. L’analyse d’extractions d’écorce dans de l’eau, du méthanol et de l’éthanol obtenue par pyrolysechromatographie en phase gazeuse-spectrométrie de masse a confirmé que comme solvants, le méthanol et l’éthanol extraient de l’écorce des composés semblables et dans les mêmes quantités relatives. L’eau, par contre, présente un profil d’extraction différent. On exposa trois échantillons d’écorce qui était de couleur différente sur leur côté du cambium à des vapeurs de méthanol ou d’éthanol et ce, pendant deux temps d’exposition distincts. Pendant ces expériences et jusqu’à 35 semaines après traitement, on procéda régulièrement à l’évaluation visuelle et aux mesures colorimétriques des deux surfaces des écorces et on mesura leur gain en poids. L’exposition la plus courte (2,3 jours) aux vapeurs de méthanol a donné les meilleurs résultats : peu de changement de couleur tout en ayant un taux rapide d’absorption des vapeurs de solvant et une augmentation de poids suffisamment élevée pour que la flexibilité de l’écorce soit améliorée. Un dépôt blanc crystallin qui apparut sur un des échantillons d’écorce exposé aux vapeurs d’éthanol fut analysé et identifié comme étant un mélange de bétuline et de lupéol dans des proportions 2:1. Le nettoyage de la surface des écorces à l’aide de coton-tiges humectés d’eau ne cause aucun changement de couleur et réussit, le cas échéant, à enlever ces dépôts crystallins.

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J.ACCR VOLUME 44 (2019)

Identifying Collections Vulnerable to Disasters: Evidence from Risk Analysis of Rare Events

Irene Karsten

De récents projets d’appréciation exhaustive des risques menés par l’Institut canadien de conservation ont montré que, dans certaines conditions, les risques associés à des dangers comme les incendies, les séismes et les tornades sont prioritaires comparativement aux autres risques auxquels sont exposées les collections patrimoniales. L’analyse des risques à l’aide de la méthode ABC, basée sur des données liées à la fréquence et à la gravité des risques ou sur un modèle spécialisé qui met en rapport des caractéristiques et comportements précis (niveaux de contrôle) avec l’ampleur des dommages subis par les collections, peut aider à déterminer les facteurs qui entraînent des scores de magnitude du risque de catégorie « Élevé » à « Extrême » pour les dangers susmentionnés. Le score de risque pour une inondation est considéré au minimum comme « Élevé » si les collections sont entreposées au niveau du sol ou en dessous dans des endroits où il y a un risque d’inondations terrestres, d’ondes de tempête ou de tsunami. Quant au risque d’incendie, il est classé comme « Extrême » pour les collections dans des bâtiments de construction combustible ou incombustible qui sont sans dispositif de détection automatique d’incendie ou système d’extinction d’incendie automatique et qui ont un mauvais compartimentage, ainsi que dans de nombreux bâtiments en milieu périurbain. Le risque associé aux séismes est considéré comme « Extrême » lorsque les collections sont dans des bâtiments non parasismiques dans des régions faisant l’objet de secousses violentes ou extrêmes. Il est jugé « Élevé » lorsque le bâtiment est parasismique, mais que ses installations d’entreposage ou d’exposition n’offrent aucune protection contre les tremblements de terre dans une région où il pourrait y avoir au moins de très fortes secousses. Le risque de dommages matériels causés par des vents violents est « Élevé » pour de nombreux types de bâtiments situés dans des régions où pourraient se produire des ouragans de catégorie 3 à 5 ou des tornades de catégorie 3 à 5 (échelle de Fujita amélioré), même si la probabilité de dommages directs est faible. Lorsque le risque de catastrophe est classé d’« Élevé » à « Extrême », la prise de mesure d’atténuation est fortement recommandée et peut être rentable. Il pourrait toutefois être difficile, voire impossible, de réduire la probabilité de danger. On recommande donc d’améliorer les installations de façon à réduire les conséquences négatives qu’un phénomène pourrait avoir sur les collections et de planifier des mesures d’intervention et de rétablissement en cas d’incident.

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J.ACCR VOLUME 44 (2019)

Performance Testing of Anti-graffiti Coatings for Painted Outdoor Murals in Canada

Michael O’Malley, Nancy E. Binnie

Les peintures murales extérieures sont parfois altérées par des graffitis qui se présentent sous formes de traits de peinture indésirables à la surface de l’oeuvre. Le but de cette étude visait à comparer les caractéristiques et la performance de dix revêtements anti-graffitis et de cinq vernis acryliques qui pourraient potentiellement servir de barrières anti-graffitis sur des peintures murales dans le contexte du climat canadien. Une sélection de revêtements permanents et temporaires a été réalisée suite à une recherche documentaire sur les produits disponibles au Canada. Dans le but d’expérimentation, des panneaux ont été réalisés avec de la peinture extérieure au latex acrylique, selon la procédure muraliste. Des revêtements ont été appliqués sur chaque panneau selon les recommandations des fabricants. Ces panneaux ont été exposés aux conditions climatiques extérieures pendant deux ans, avant la pose de graffitis. Des solvants et d’autres méthodes ont été utilisés pour réduire ou éliminer les marques de graffitis afin de déterminer quels revêtements offraient une meilleure protection à la peinture sous-jacente. La performance globale des revêtements a par la suite été évaluée selon les critères suivants : l’aspect initial et vieilli (brillance, attirance pour la saleté, changement de couleur), la facilité d’application du revêtement, son efficacité en tant que barrière contre les graffitis et la facilité de la ré-application locale du revêtement après l’élimination des graffitis. Les observations ont été documentées par des photographies, des vidéos et des notes à l’aide de formulaires maison et d’un système de notation normalisé. Des mesures quantitatives de la brillance et de la couleur ont été effectuées au cours des trois premières années d’exposition afin de documenter le taux et l’amplitude des changements visuels. Sur les quinze revêtements étudiés, plusieurs ont montré leur efficacité de manière adéquate pour agir en tant que barrières anti-graffitis. Trois produits se sont démarqués, car ils ont entièrement répondu à l’ensemble des critères d’évaluation. Il s’agit d’un système de vernis acrylique à deux composants et de deux revêtements anti-graffitis à base de cire aqueuse. L’augmentation du nombre de couches appliquées n’a pas eu d’incidence négative sur l’apparence des revêtements. De plus, la pose de couches supplémentaires a donné à certains revêtements une meilleure résistance aux graffitis, aux solvants, et aux autres méthodes de nettoyage nécessaires lors du retrait des graffitis.

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J.ACCR VOLUME 44 (2019)

Critiques de livres

Biodeterioration and Preservation in Art, Archaeology and Architecture / Interactions of Water with Paintings / Preventive Conservation: Collection Storage

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J.ACCR VOLUME 43 (2018)

Une étude des matériaux et techniques de Marc-Aurèle Fortin

Marie-Claude Corbeil, Elizabeth Moffatt, Claude Belleau, Eric J. Henderson, Jennifer Poulin

À l’occasion d’une exposition rétrospective de l’oeuvre de Marc-Aurèle Fortin organisée par le Musée national des beaux-arts du Québec, vingt-six oeuvres créées entre 1918 et 1952 ont été examinées, de même que deux boîtes d’artiste attribuées à Fortin dans la collection du Musée des beaux-arts de Montréal. Les matériaux des tableaux et des tubes de peinture des boîtes ont été analysés par microscopie électronique à balayage couplée à la spectrométrie des rayons X, diffraction des rayons X, spectroscopie infrarouge à transformée de Fourier, spectroscopie Raman, microscopie en lumière polarisée et chromatographie gazeuse couplée à la spectrométrie de masse. Les données concernant les supports, les préparations, les fonds gris et noirs et les peintures sont présentées. Les supports sont d’une grande diversité et parfois inhabituels : toile (lin ou coton), carton, panneau de bois ou de matériaux à base de bois, métal, linoléum. L’utilisation de supports de qualité médiocre constitue le principal problème de conservation des tableaux de Fortin, le support s’étant dégradé avec le temps ou ayant causé l’altération de la couche picturale. Les supports de toile sont généralement recouverts d’une préparation, le plus souvent de couleur blanche, alors que les supports rigides, sauf parfois les supports en carton, ne sont pas préparés. La composition des fonds gris et des fonds noirs, propres à Fortin, variait d’un tableau à l’autre, indiquant que Fortin ne suivait pas une recette stricte ou alors employait des matériaux commerciaux de composition variable. Les couleurs sont obtenues à l’aide d’une riche palette, 37 pigments ayant été identifiés dans les 26 oeuvres étudiées. Mis à part pour ses fonds noirs, dont le liant est une résine alkyde modifiée à l’huile, Fortin peint avant tout à l’huile, puis, plus tard, aussi à la caséine.

Télécharger: JACCR43 Corbeil et coll.

J.ACCR VOLUME 43 (2018)

How Preventive Conservation Can Inform a Collections Move: Rehousing the Canadian and European Furniture Collections at the Royal Ontario Museum

Greg Kelley, Melissa Maltby

En 2015, le Musée royal de l’Ontario a entrepris un défi de taille, soit le déménagement sur deux ans, de plus de 26 000 artefacts. Ces objets ont été déplacés du McLaughlin Planetarium, un site d’entreposage temporaire, vers un édifice rénové sur mesure. Déplacer de grandes collections diversifiées impliquait plusieurs défis logistiques et organisationnels. Une approche novatrice sera décrite, soit la conception complète de l’entrepôt en utilisant un programme de modélisation 3-D pour pré-visualiser les différents plans. Sont également présentés les plans de conception, matériaux et raisons motivant l’élaboration des toiles de protection contre la poussière, palettes sur mesure, caisses de transport et des supports d’entreposage. Cet article se penche sur une partie du projet, soit la gestion du déplacement et entreposage de plus de 500 meubles et objets en bois, pour illustrer l’apport de la conservation lors de la planification d’un déménagement de grande envergure des collections muséales.

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J.ACCR VOLUME 43 (2018)

The Evolution of Specifications for Limiting Pollutants in Museums and Archives

Jean Tétreault

Depuis que les premières limites de polluants pour les musées et les archives sont apparues dans les années 1970, divers documents ont proposés des spécifications pour orienter le contrôle des polluants dans les institutions patrimoniales. Le présent document examine trois approches permettant d’éviter des niveaux de polluants nocifs : des spécifications basées sur les niveaux maximaux admissibles, sur des dosimètres et sur l’évaluation des produits. L’évolution des niveaux maximaux recommandés de polluants gazeux est documentée et montre qu’au fil du temps, les limites ont été progressivement abaissées, puis assouplies plus récemment, et que les listes ont été élargies pour inclure davantage de polluants clés. Les dosimètres ont été développés comme moyen alternatif pour caractériser les niveaux de polluants, mais leur utilisation dans les musées et les archives reste limitée. Les essais permettant de distinguer les produits émettant des polluants nocifs de ceux qui ne le sont pas ont largement été adoptés comme moyen de sélectionner de produits appropriés pour une utilisation muséale, en particulier les enceintes. Jusqu’à présent, les justifications des spécifications ont souvent été faibles ou peuvent ne pas refléter ce qui se passe réellement dans l’environnement du musée.

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J.ACCR VOLUME 42 (2017)

The Treatment of a Catharine Parr Traill Botanical Album

Christine McNair

Un traitement a été entrepris à l’Institut canadien de conservation pour restaurer un herbier de la collection du Peterborough Museum and Archives, compilé par Catharine Parr Traill. Les spécimens botaniques, dont beaucoup se sont détachés, étaient vulnérables aux dommages de nature mécanique en raison de la rigidité de la reliure. Après consultation avec les restaurateurs du Musée canadien de la nature, une méthode de traitement a été mise au point pour refixer les spécimens détachés au moyen de papier Japon recouvert d’adhésif, découpé en micro-bandes et réactivé au moyen d’un solvant. Ces micro-bandes n’ont presque pas nui au mouvement des pages du livre et étaient comparables aux méthodes utilisées dans les herbiers. Les bandes sont facilement réversibles et nécessitent un minimum d’humidité et d’adhésif. Certaines parties des spécimens ont été légèrement collées à l’aide de méthylcellulose. La structure de la reliure elle-même a été modifiée par l’ajout d’un dos creux moulé afin d’améliorer l’ouverture du volume et d’éviter d’autres dommages mécaniques.

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